Mercredi 2 septembre 2026
Ce matin, passage à l’agence de location. Nous louons un VUS (véhicule utilitaire sport alors qu’en France nous disons SUV –sport utility vehicle). Ce sera un Chevrolet TRAX avec bien sûr boîte automatique. Aujourd’hui , nous avons presque 300 km à parcourir, le temps de s’habituer au véhicule. Des lignes droites agrémentées de courbes gracieuses. Des forêts de bouleaux et de conifères de part et d’autre. Une seule ville sur le trajet : Amos.


Le soir, une bonne poutine en regardant les camions aux longues remorques.



Jeudi 3 septembre 2026
Nous sommes ce matin à Matagami, kilomètres 0 de la route « Billy Diamond ». Au kilomètre 6, il faut s’enregistrer pour des raisons de « sécurité ». Notre objectif est le kilomètre 381 où se trouve un relais routier et entre Matagami et ce relais, rien ! Pas de réseau non plus. Tous les 50 kilomètres environ, une cabine téléphonique au cas où…

Petit arrêt en cours de route au bord d’un lac puis d’une rivière.


si, jusqu’au kilomètre 300 environ, nous n’avons que quelques endroits isolés avec des arbres morts, le paysage commence à changer. Ce sont de vastes étendues dévastées que l’on commence à apercevoir. Résulta d’incendies ou de la « célèbre » tordeuse des épinettes ? On ne sait pas .


Amusante cette affichette dans notre chambre. Il parait qu’il y a beaucoup de perdrix par ici donc, attention, ne pas les « débiter » ou les « arranger » dans la chambre !

Arrêt pour la nuit au km 381 (ce qui signifie que nous avons fait 381 km depuis Matagami. C’est un « relais routier » avec des sortes de baraquements dont un motel-restaurant.


Vendredi 4, samedi 5 septembre
En route pour Wemindji, localité autochtone sur les rives de la baie James. Environ 250 kilomètres de route dont 80 avec de gros travaux puis 96 kilomètres de route « gravillonnée » mais très roulante. Bonne surprise, les 20 derniers kilomètres sont de nouveau asphaltés ! Nous restons 2 nuits ici, histoire de visiter un peu plus et de récupérer de nos 900 kilomètres parcourus en 3 jours.
Wemindji : les autochtones Cri ont été regroupés ici en 1959. Maisons « modernes » avec petite pelouse autour mais pas de garage donc la pelouse est souvent le lieu de garage des motoneiges, quatre roues et bien d’autres choses. Quelques tipis aussi par ci-par là, souvent avec seulement les mâts en bois.




En langage Cri, ça doit sûrement vouloir dire STOP » !

Et voilà la baie James au soleil couchant.

Et voici un exemple de tipis aperçus près des maisons. On ignore à quoi ils sont actuellement destinés d’autant plus que plusieurs d’entre eux ne sont pas (ou pas entièrement) recouverts. A l’origine, les tipis étaient recouverts de peaux de bêtes, notamment de bisons. Pour ceux que nous avons vus, l’utilisation du plastique est bien présent !


Presque 300 kilomètres plus loin, nous arrivons à Chisasibi, autre communauté autochtones, principalement des Cris auxquels s’ajoutent quelques inuits. Ils ont été « délocalisés » de l’île George où ils avaient établi un village au début du XIX° siècle autour d’un comptoir de traite pour la fourrure. Après la construction des grands barrages, à la fin des années 70, Hydro-Québec a considéré que les risques d’érosion sur l’île de Fort George pourraient la rendre inhabitable. En 1979, les dirigeants de la communauté se voient obligés de prendre la décision de déménager. A ce jour, il n’y a toujours pas eu l’érosion annoncée.
Dimanche 6 septembre
Pour se rendre à Chisasibi, environ 100 kilomètres de piste gravillonnées, quelques travaux puis plus de 150 kilomètres de route récemment asphaltée. Paysages habituels maintenant : alternance de forêts verdoyantes et d’espaces complètement dévastés.


Lundi 7 septembre
Nous avons mal choisi notre jour pour visiter ce village autochtone : c’est aujourd’hui, au Canada comme aux Etats-Unis, la fête du travail ! Rien à voir avec la journée internationale des travailleurs du 1° mai qui, ici n’est pas férié contrairement à celle de ce lundi. Cette fête du Travail était surtout d’origine chrétienne mais donnait lieu à d’imposantes manifestations, y compris avec les syndicats autrefois. Maintenant, sauf qu’il s’agit d’un jour férié donc chômé et payé, il est largement abandonné par les syndicats et les partis au profit du 1° mai). Donc, pratiquement tout est fermé. Nous parcourons cependant les rues de la ville qui sont bien désertes.
Cet après-midi, visite de l’île George (île Fort George). Quelques kilomètres de piste puis un traversier qui en quelques minutes nous fait franchir le bras de la rivière La Grande. Cette île est située dans l’embouchure de La Grande, juste avant qu’elle ne se jette dans la baie James. Sur cette île, au tout début du XIX° siècle un comptoir de traite y a été installé ce qui a entraîné l’installation des Cris autour de ce comptoir et donc la sédentarisation de ce peuple autrefois nomade. Mais, après la construction d’un barrage sur la rivière, Hydro-Québec a estimé que les risques d’érosion étaient importants suite aux changements de courants et a donc fait déménager la communauté à Chisasibi. C’était durant les années 1980-90. À cette époque il y avait environ 2 000 Cris qui habitaient sur l’île, maintenant, ils sont plus de 5 000 à Chisasibi et d’après la cheffe de la nation Cri de Chisasibi, il manquerait des logements sociaux pour 800 à 1 000 familles. Beaucoup de bâtiments ont été transportés dans la nouvelle ville (la cathédrale catholique par exemple mais pas l’église anglicane), mais il reste encore de nombreuses maisons, certaines en mauvais état, d’autres bien entretenues et encore utilisées de nos jours comme « résidence secondaire » semble-t-il.






Et, bien sûr, le cimetière et son église restante.


Longue promenade le long de la rive pour arriver à sa pointe ouest et voir enfin l’eau de la baie James (photo de droite).


Mardi 8 septembre
Ce matin, visite du Centre de la Culture et du Patrimoine. Quelques éléments de la vie des Cris (canoë, vêtements, sculptures sur bois d’original, …), plusieurs vidéos, quelques centaines de photos sur écran montrant des paysages de l’île, des groupes d’habitants, des bâtiments, … avant le « grand déménagement ». De nombreuses maisons, de nombreux bâtiments (comme l’église catholique mais pas l’église anglicane restée sur l’île) ont été transportés à Chisasibi. Une vidéo montre ce transfert du l’église : impressionnant !



L’après-midi. Grande promenade à travers les rues de la ville enfin de plusieurs quartiers) et le long de la rive de La Grande. Un peu frais, seulement 14° mais du soleil.




Mercredi 9 septembre
Départ ce matin pour Radisson. Il a plu une bonne partie de la nuit et nous roulons (seulement une centaine de kilomètres) avec un petit crachin. Radisson est la seule communauté non-autochtone du Québec située au nord du 53e parallèle. C’est aussi la dernière communauté francophone du nord du Québec. Elle a été fondée en 1974 pour loger les travailleurs du complexe hydroélectrique La Grande (notamment la centrale Robert-Bourassa). Au plus fort de la construction de la centrale, elle comptait plusieurs milliers d’habitants. Aujourd’hui, il n’y en a plus que 200 environ ! Vu le temps, nous décidons finalement de visiter cette centrale. Hélas, la prochaine visite est dans une semaine, le mercredi 16 !
Regardez cette vue de la région : tout ce qui est en bleu marque les lacs, rivières, baie, … Impressionnant ! Les zones mauves sont celles des régions des autochtones. Le trait vertical orange : la route Billy Diamond, 617 kilomètres au départ de Matagami. Le trait horizontal noir partant vers la droite : la piste de la taïga, 666 kilomètres.

Jeudi 10 septembre
Donc, nous sommes à Radisson. Seulement 9° toute la journée et une pluie persistante, tantôt de petites averses, tantôt du crachin. Ne pouvant visiter le barrage souterrain de l’intérieur, nous allons y jeter un coup d’œil de l’extérieur, en particulier pour voir « l’escalier du géant ». Il s’agit d’un immense escalier creusé dans la montagne pour permettre l’écoulement de l’eau du réservoir du barrage en cas de crues. Depuis, d’autres barrages ont été construits en amont et cet escalier ne sert pratiquement plus à rien ! De loin, il a l’air tout petit mais quand on regarde les dimensions, c’est vraiment impressionnant !



Vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 septembre
Retour à Rouyn-Noranda. 900 kilomètres à faire et, comme à l’aller, nous les faisons en 3 étapes. On n’a pas trop le choix de nos arrêts : le relais routier 381 puis la ville de Matagami qui marque le kilomètre 0 de la route Billy Diamond et, enfin Rouyn-Noranda.
Vendredi 11, nous avons croisé la route de 4 ours noirs puis d’un coyote qui avait l’air un peu famélique. Nuages le matin, soleil en arrivant au relais.
Samedi 12 et dimanche 13, encore quelques centaines de kilomètres et nous voilà de retournés à Rouyn-Noranda où Claude et Diane nous attendent avec un agréable repas. Au passage, arrêt près d’un lac puis découverte d’un des nombreux ponts couverts de la région.


Lundi 14 et mardi 15 septembre

Lors de notre voyage en 2012-2013, nous avions toujours eu envie d’aller passer quelques jours près d’un lac. Impossible à ce moment là mais ce « rêve » va enfin pouvoir se réaliser grâce à Claude qui va nous installer avec sa roulotte (nous, on dirait caravane) dans le parc d’Aiguebelle. A suivre dès mercredi dans notre prochain article.